Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 17:50
Tout le monde le dit, la culture est à la fois un choix personnel et un plaisir qui permet de s'évader du quotidien. Cependant, selon certains, elle est aussi une manière douce de ségrégation et de légitimation, marquant des différences et légitimant des positions. Ainsi les classes élevées sont, plus que les autres, familières de cette culture particulière qu'est la haute culture. Grâce à cette familiarité, elles établissent inconsciemment des droits d'entrée et une frontière invisible avec les autres groupes sociaux. Elles l'utilisent aussi comme un stimulant et une justification de leur destin.

François Mitterrand, ancien président de la République française, affichait ainsi volontiers sa connaissance des lettres et une solide maîtrise de la langue française. La majorité de ses premiers ministres étaient très diplômés avec une « culture générale » importante. Le général de Gaulle était un écrivain rare et son principal ministre de la culture un passionné des arts. Dans le monde politique, jusqu'à très récemment, une condition d'accès aux plus hautes fonctions était une familiarité naturelle avec la haute culture.

Paradoxalement, le changement au sein de l'élite politique française actuelle est net. Nicolas Sarkozy, président de la République, et une partie de son entourage politique se détournent ostensiblement de la culture légitime et ne veulent visiblement pas modifier ce désintérêt. Certes toute la classe politique n'est pas ainsi mais le changement est sensible au plus haut niveau [1].

La théorie bourdieusienne est donc contredite par une partie des élites politiques et économiques actuelles qui n'utilisent plus la culture comme moyen de différenciation et de légitimation. Les logiques établies par Bourdieu dans les années 70 semblent donc déjà en partie caduques trente ans plus tard [2]. Ce changement amène à réfléchir sur les élites, leur mode de sélection et ce qui les caractérisent. La culture n'y a donc plus la même importance qu'avant. N'est-ce pas paradoxalement un progrès ?



[1] On pourrait mettre en évidence la même tendance au sein du monde économique.
[2] D'une manière générale, il semble impossible en sciences sociales d'établir une loi dont la durée de validité dépasse les trente ans...
Par Napoléon - Publié dans : Société - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Commentaires

"N'est-ce pas paradoxalement un progrès ?"
Non, c'est la preuve qu'on passe de la civilisation à la décadence.
Commentaire n°1 posté par tem le 22/02/2010 à 16h48

J'espère que vous avez tort !

Réponse de Napoléon le 23/02/2010 à 06h27
 
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